Carnet de route

Carnet de route de Mathieu Perget Mathieu PERGET FRA
Ag2r - La Mondiale

Né le 19.09.1984 à Montauban
Début professionnel : 2006
Victoire(s) en 2012 : 0
Taille : 176 cm - Poids : 64 kg
Surnom :
Statut : en activité
Site Web : http://mathieuperget.com.free.fr/

Je ne vais pas lâcher le morceau

Bonjour à tous,


Le Tour de San Luis avait tout pour être la course idéale du début de saison, mais voilà que je suis, une fois encore, allé violement au tapis. Résultat : fracture du bassin ! Malgré tout, dans ma tête tout va bien, je n’ai pas eu de coup de « dep », j’étais juste impatient de rentrer chez moi après mon opération pour bien récupérer. Je me suis cassé un os dès le début de saison, certes, mais c’est ainsi, ça fait partie des risques du métier et je ne peux pas revenir en arrière. Je suis bien entouré, surtout par ma femme, et ça m’aide à aller de l’avant.


Pour revenir sur ma chute en elle même, tout est allé très vite. 5 secondes avant, je discutais avec Sylvain Chavanel dans le peloton, l’échappée du jour venait de partir et dans le peloton on relâchait nos efforts. Il y avait un léger vent de côté et un coureur Colombien a fait un écart, il a touché ma roue et c’est mis en travers de ma route. Je n’ai pas eu le temps de freiner, j’ai fait un soleil et je suis retombé directement sur ma hanche. Quand j’ai vu l’état de ma jambe et la douleur que je ressentais, je me suis tout de suite dit : « là, c’est cuit, je ne repartirais pas… »


« J’aime trop de vélo pour baisser les bras »



Depuis l’an dernier, les chutes je les accumule… L’année dernière, après avoir fait les bonifications sur le Tour Down Under pour me hisser à la 5e place du général, je tombe avec une trentaine de coureur à 200m de l’arrivée. Cette année, c’est en Argentine, la saison commence bien…


Après mon opération, j’ai passé 15 jours dans un fauteuil roulant et quand on est sportif de haut niveau, c’est assez frustrant de ne rien pouvoir faire. Il va me falloir, en théorie, 45 jours pour que me fracture soit totalement cicatrisé et pouvoir retourner rouler sur la route. En attendant, j’ai déjà repris l’home trainer et je peux vous assurer que cela me fait vraiment du bien moralement.


Après une saison 2011 en deçà de mes espérances, je voulais rebondir en 2012 et ça ne commence pas de la meilleure des façons. J’avais bien bossé cet hiver, j’avais de la force à l’entrainement et je l’ai vu lors des premières étapes au Tour de San Luis. J’avais une sacrée envie, je le sentais bien. Je vais devoir faire preuve d’un peu de patience, mais je ne vais pas me décourager pour autant. Il ne me reste plus qu’à revenir, j’ai pris beaucoup de plaisir avant de chuter et je ne vais pas lâcher le morceau comme ça, j’aime trop de vélo pour baisser les bras.


« Je ne vais pas griller les étapes »


Aujourd’hui, les examens sont bons, tout est en bonne voie. J’ai une jambe qui a bien fondu musculairement mais je vais retravailler ça le plus rapidement possible. J’arrive à bien dormir, ce qui me permet de bien récupérer après le travail que j’effectue sur home trainer.


Je vais repasser une série d’examen le 27 février et c’est à ce moment là que je saurais quand est-ce que je pourrais reprendre sur la route. C’est le corps médical, qui en fonction de mon évolution, me donnera le feu vert pour sortir. Toutefois, je ne vais pas griller les étapes car la saison est encore longue et ne fait que commencer. Et puis, quand je vois mes collègues rouler sous le mauvais temps, je me dis que je ne perds pas grand chose ! Blague à part, mon principal objectif aujourd’hui est de récupérer complètement ma mobilité, de retrouver de la force sur le vélo et de passer à nouveau à l’attaque comme j’avais pu le faire en Argentine.


« Il y a des hauts et des bas »


J’ai le moral et c’est le principal. D’ailleurs, si l’on fait un peu le tour, beaucoup de monde a été bien touché en ce début de saison. Frédéric Guesdon a eu exactement la même chose que moi, Cyril Lemoine et Damien Monier sont, eux aussi, bien « amochés ». Même chez les étrangers, il y a eu de la casse avec Jurgen Roelandts ou Steven Cummings. Ce dernier disait d’ailleurs « ce qui ne te tue pas, te rends plus fort », je n’irai pas jusque là mais je vois bien que je fais le métier qui me plait, que j’ai la chance de vivre de ma passion. Certes, il y a des hauts et des bas, mais c’est la vie en général qui veut ça.


Merci à tous pour votre soutien et à bientôt sur un vélo !


Mathieu Perget.


http://fandemat.centerblog.net/


Propos recueillis par Alexandre ROLIN


Photos : Sirotti

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