Portrait
Moncoutié, le baroudeur atypique
posté par Benjamin Roque le 12/09/2009 à 19h47

Cet après-midi, « Moncoucou » a engrangé une nouvelle victoire de prestige. À l’issu d’une échappée rondement menée, et à l’énorme performance de son coéquipier Rein Taaramae, Moncoutié a pu lever les bras en haut de la Sierra Nevada, résistant à Mosquera, Valverde et autre ténors réunis sur ce Tour d’Espagne. Après un Tour de France raté, David montre qu'il a du répondant !
Des débuts époustouflants
En 1999, Moncoutié s’illustre en remportant la sixième étape du Dauphiné Libéré, puis une autre du Tour de l’Avenir l’année suivante avec une belle deuxième place finale, derrière Iker Flores.
Dès son plus jeune âge, Moncoutié enchaîne les victoires. Toujours bien placé, il va très vite devenir un grand coureur et se forger un bien beau palmarès.
Les années se suivent et se ressemblent, Moncoutié remporte de nombreuses courses, mais il lui manque une petite étincelle pour lui permettre d'en claquer une belle, comme une étape sur le Tour.
Une équipe : Cofidis
De ces premières courses professionnelles (1997) jusqu'à cet après-midi et sa victoire dans le Tour d’Espagne, il a toujours été fidèle a l’équipe nordiste et aujourd'hui dirigé par Eric Boyer, la Cofidis.
Malgré un palmarès et une renommée grandissante le grimpeur français a connu de nombreuses épreuves difficiles.
En 2004, le scandale Cofidis éclate. Dans son livre, prisonnier du dopage, sorti en 2005, Philipe Gaumont déclare : "J’ai passé sept années chez Cofidis et, durant tout ce temps, je n’ai côtoyé que deux coureurs qui ne prenaient pas de produits : l’Estonien Janek Tombak et, surtout, le Français David Moncoutié".
Quelques mois plus tard, Moncoutié lève pour la première fois les bras sur les routes du Tour de France, tout un symbole...
Une irrégularité fatale
Trois éléments ont toujours empêché le français de jouer les premiers rôles sur les plus prestigieuses courses à étapes : ses faiblesse lors de l’exercice chronométré, son irrégularité et son mauvais sens du placement. Moncoutié peut réaliser une grande partie de manivelles un jour et s'écrouler dès le lendemain.
Si vous regardez en queue de peloton lors d’une étape de plaine, vous verrez toujours le lotois. Peur de frotter ? Sûrement. Mais ceci n’empêche pas cela. Et Moncoutié nous régalera toujours avec ses longs raids en montagne, qui ne sont pas sans rappeler un certain Richard Virenque.
2009, la der’ ?
David Moncoutié l’avait annoncé après son Tour de France raté : il voudrait pouvoir se sacrifier pour un leader, sans toutefois négliger ses objectifs personnels. Un leader, que Cofidis n'a pas encore trouvé. Que peut-on envisager pour les prochaines années ? Va-t-il prendre le risque de quitter son équipe de c½ur ? Bien que cela semble irréaliste et bien peu probable, avec Moncoutié on ne sait jamais à quoi s'attendre et avec lui tout est possible, le meilleur comme le pire...
Crédit photo : Flickr
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